Vente-dédicace de Tawfiq Belfadel à la Librairie du Tiers-Monde : Destination : destin de clandestins

L’auteur Tawfiq Belfadel a signé son ouvrage intitulé Migrants sans noms paru chez Casbah Editions, samedi 25 décembre, l’après-midi, à la librairie du Tiers-Monde, Place Emir Abdelkader, à Alger.

 

Tawfiq Belfadel, 31 ans, détenteur d’un master en civilisations et littératures francophones, enseignant de français, chroniqueur, nouvelliste – Sisyphe en Algérie (éd. Samar, Edilivre 2017), finaliste du prix international de la nouvelle Alain Decaux, 2019 –, est surtout un poète. Il a été le récipiendaire du premier prix du concours international de la poésie «La Différence» (Abidjan).

En 2019, il est finaliste du prix international de la nouvelle Alain Decaux. Il vit et travaille en Algérie. Il vient de publier un ouvrage poignant. Le sujet est actuel. Et surtout dramatique. D’où le titre : Migrants sans noms, paru aux éditions Casbah. Des migrants algériens, ces harraga ayant consumé leur désespoir pour une lueur d’espoir à l’horizon, en allant jusqu’au bout de leur voyage en quête d’eldorado sublimé, un paradis, en traversant un enfer à vau-l’eau. Où l’épuisement, la noyade, la soif, la faim, la mort défilent dans leur esprit. Et puis, le naufrage, le SOS mutique.

Des oiseaux migrateurs de bon augure

Tawfiq Belfadel, avec un style littéraire frais, nous livre un récit saisissant de la traversée à bord d’une embarcation (de fortune ou sophistiquée telle le «gofaster» actuellement) de ces gens anonymes, sans patronyme ni identité, des ombres. Sur cette arche sont regroupés des passagers clandestins. Une divorcée, honnie par la société. Un ponte, un argenté, se sent dans une cage dorée en son pays. Un médecin, compétent, poussé au chômage. Un père incompris. Un enfant adoptif fuguant. Le leitmotiv de ces destins croisés : une humanité réductrice et caricaturée. Alors qu’ils sont des femmes, des hommes, des enfants, des humains. Pourtant, ils ont un visage, un nom, une histoire et un rêve. Commentant son livre, Tawfiq Belfadel, nous indiquera : «Il y a plusieurs raisons qui m’ont motivé à écrire ce livre. Je vis sans une ville où l’immigration clandestine est un sujet d’actualité.

C’est un fait quotidien. Je viens de Mostaganem. Donc, je suis un observateur de ce phénomène. Je suis enseignant dans un collège (CEM) et je vois des élèves qui partent. Alors qu’ils sont âgés de 12 à 16 ans. Et cela, sans compter les proches, les voisins qui s’en vont. Je suis journaliste, je suis chroniqueur. Je recherchais un angle littéraire pour aborder le sujet de l’immigration clandestine. Cela m’a pris beaucoup de temps. Dans la littérature, il faut trouver un angle original, quelque chose de beau. Une autre raison, j’avais déjà traité ce sujet dans mes chroniques. Parmi elles, celles intitulées « Femme harraga, une divorcée », «Le migrant, n’est pas un chiffre».

« C’est un livre qui défend l’humanité du migrant »

J’y ai traité la dimension humaniste et humanitaire du migrant. Au-delà du phénomène. Là, j’ai entrepris et effectué un travail littéraire en exhibant les non-dits des médias, les journaux, etc. C’est un livre qui défend l’humanité du migrant. Ce n’est pas un essai sur l’immigration ou la trajectoire migratoire. A la télévision, on parle de ce sujet comme «crise migratoire». Comme s’il s’agissait d’une marchandise. Alors que c’est une question humanitaire plutôt. Et ne parler que de chiffres : 1000 migrants disparus, 1000 migrants arrivés…

On parle aussi de flux migratoire. Mais on ne parle pas de l’humanité du migrant. Donc, ce sont des gens effacés. D’ou le titre de ce livre… » . Un livre à lire absolument. D’un auteur ayant du ressort et du souffle littéraire. K. Smail

 

Tawfiq Belfadel
Migrants sans noms
Casbah Editions
2021
70 pages
Prix : 450 DA

 

 

Disponible dans toutes les librairies (Librairie du Tiers-Monde, Place Emir Abdelkader, Alger)

Des migrants voyagent du Sud vers le Nord à bord d’une barque. Ils n’ont pas de noms. Entre ici et ailleurs, chacun d’eux raconte un récit. Se croisent alors des paroles diverses sur la femme et la religion, la corruption et l’hypocrisie, le racisme et l’altérité, la douleur et la douceur… Leur migration est-elle un besoin ou un prétexte ? Cherchent-ils un ailleurs ou sont-ils en quête d’eux-mêmes ? Accompagné de dessins, simples et profonds, nourri de poésie et de philosophie, Migrants sans noms est un poignant hommage universel à l’humanité. Un récit qui efface toutes les frontières.« Entre ici et ailleurs / La barque est notre pays. Sans passé et sans futur / Nous sommes Maintenant.

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