Seule la concurrence peut satisfaire la clientèle

Par Abdelkader Mechdal     Le fait de proposer des produits de la finance islamique, et qu’ils soient en convenance avec les convictions religieuses, cela ne peut en aucun cas être suffisant pour prétendre que les guichets ouverts à ce propos vont pouvoir drainer la masse monétaire qui circule hors le circuit officiel.   Il n’est pas […]

Seule la concurrence peut  satisfaire la clientèle

Par Abdelkader Mechdal    

Le fait de proposer des produits de la finance islamique, et qu’ils soient en convenance avec les convictions religieuses, cela ne peut en aucun cas être suffisant pour prétendre que les guichets ouverts à ce propos vont pouvoir drainer la masse monétaire qui circule hors le circuit officiel.

 

Il n’est pas suffisant pour un système bancaire qui veut attirer l’argent dormant dans le parallèle, ou carrément celui qui est thésaurisé par les ménages, et parfois par des affairistes, d’ouvrir de nouvelles pratiques consistant en le travail sur la base de la charia islamique, pour que les clients attendus soient aussi nombreux qu’on le pense. Tout simplement parce que les personnes physiques ou morales qui veulent fructifier leur argent, en essayant de faire des affaires dans les domaines économiques, de la production ou du commerce, ou tout simplement de mettre leur argent dans une nouvelle catégorie de produits bancaires en conformité avec leurs croyances religieuses, vont faire des comparaisons avec ce qui se fait en général dans le domaine bancaire, et voir si vraiment les banques ou pratiques dites islamiques sont en mesure de leur permettre un bon placement de leur liquidité ou pas.

Pour ce qui est de l’épargne, ce qui est appelé « bénéfice » sur les carnets qui ont déjà vu le jour dès les années 1990, est pratiquement d’un niveau faible avoisinant ce qui est garantie en intérêt par les banques classiques, avec un manque aussi comparable de toute transparence en relation avec l’activité qui a engendré ce niveau de bénéfice, ce qui laisse les clients dans le flou quant à l’appréciation de la rentabilité de leur placement, ce qui crée ce doute en relation avec ce qui est proposé par les banques islamiques en rémunération pour l’épargne. Chose qui fait que la préférence au carnet dit islamique, ne reflète qu’une crainte de posséder le produit de l’usure qui est prohibé par la charia, sans que la rémunération ne soit convaincante.

Une autre tentative de la part de la clientèle, est en relation avec la demande de crédits soit pour l’achat de produits durables (les voitures, les électroménagers ou électroniques) ou de l’immobilier, là le contact avec les guichets ou banques islamiques a tourné en une incompréhension totale, vu que le prix de vente proposé par les instances concernées est jugé exorbitant, un prix qui inclut un niveau de profit atteignant des taux aussi élevés que 70% ou plus, justifié par la longue durée du financement, ce qui signifie un engagement de la part de la banque qui cherche elle aussi à se rentabiliser, et maintenir sa présence dans l’échiquier bancaire et dans le temps. Mais, généralement on se demande si ces prix sont uniques ? Et est ce qu’ils reflètent une situation acceptable pour le client qui veut « purifier » ses pratiques en relation avec l’argent, ou bien d’autre prix moindres sont possibles à réaliser ?

Un questionnement qui est complètement légitime, et s’approche de la logique de l’agent économique rationnel, qui doit faire les calculs pour décider de la meilleure façon de placement de l’argent, même dans le cadre de la pratique « islamique », chose qui renvoi en cas de doute, à l’attente de voir venir de nouveaux intervenants sur le marché, plus en mesure d’offrir des financement plus avantageux  que ce qui est fait actuellement. Effectivement, l’entrée sur le marché national de nouvelles banques islamiques, surtout celles réputées pour leur présence dans des marchés de grosse pointure, en Asie, en Europe ou en Amérique, peut engendrer des pratiques concurrentielles qui à elles seules de pouvoir satisfaire la clientèle voulant passer vers l’utilisation des produits dits « islamiques ». Une situation qui doit être privilégiée par les pouvoirs publics, tant que l’ouverture et la concurrence sont des pratiques encouragées par la charia.