Sahara marocain : Signature à Marrakech d’une déclaration qui appelle la France à sortir de l’ambiguïté

Les membres de la Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable exhortent la France à faire table rase des différends géopolitiques du passé et à raisonner en termes d’enjeux économiques, énergétiques et sécuritaires. Nous sommes à Marrakech. Il est 22 heures. Une importante cérémonie est en train de se dérouler au restaurant Argana de la célèbre place Jamaâ Lafna. Il s’agit d’une rencontre entre des membres de la Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable et des professeurs universitaires, juristes, éditorialistes et directeurs de publications de France et du Maroc. Le but de ce rendez-vous d’envergure : la signature d’une déclaration intitulée « Pour sortir de l’ambigüité ». Ainsi, en sus de ses quatrièmes rencontres à Guelmim, Tan Tan, Es-Smara et Laâyoune, la Fondation, dont le siège est à Bordeaux (France), constate avec une certaine appréhension le décalage évident qui se dessine en France entre les réalités des Provinces marocaines du Sud et les déclarations et propos officiels de l’Hexagone. Redoutant que ce fossé ne se creuse davantage dans le contexte des questions énergétiques, la Fondation rend publique cette déclaration commune de ses membres français et marocains. En effet, la marocanité des Provinces du Sud plonge ses racines dans les prémices de l’Etat de la première dynastie Idrisside, soit au début du 8ème siècle. Nier ce fait historique sans prendre le soin de l’examiner ne peut être que le résultat d’une intention foncièrement inamicale. Pour sa part, le peuple marocain conçoit le silence de la France comme un acte inamical. Ainsi, la Fondation met en garde contre la gravité d’une situation qui risque de porter atteinte à des siècles d’amitié partagée, car la décision de la France de mettre fin à son ambiguïté est déterminante pour le Maroc, la France, l’Europe et l’Afrique en raison de l’importance des multiples enjeux, notamment sécuritaires, de l’acabit de la lutte contre l’immigration clandestine, le terrorisme, le trafic d’armes, etc. Dans cette ambiance marquée par un climat glacial sans précédent entre la France et le Maroc sur le plan diplomatique, sortir de la zone grise et annoncer la couleur que les membres de la Fondation espèrent blanche est une urgence calendaire, car c’est maintenant que se joue l’avenir de la coopération Nord-Sud, au vu de l’agenda chargé de dossiers chronophages et des aléas de la pandémie du Covid-19. Le mois de septembre a été moins fructueux pour la Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable. Initiées par cette dernière, en partenariat avec l’association Ribat Al Fath, des rencontres franco-marocaines intitulées «Sortir de l’ambiguïté» ont été organisées à Guelmim les 19 et 20 septembre, à Tan-Tan le 21 septembre, à Es-Smara les 22 et 23 septembre et à Laâyoune le 24 septembre. De par leur ampleur, ces rencontres sont parvenues à replacer à l’ordre du jour des questions bilatérales à forte portée économique, telles que les programmes de développement urbain, industriel et touristique, ainsi que les extraordinaires réalisations des régions du Sahara marocain qui, autrefois considérées comme aréiques, sont devenues aujourd’hui, et depuis trois décennies, un havre de paix et un véritable espace de vie, de production, d’innovation et d’affirmation de leur appartenance au Royaume. Sortir, réellement, de l’ambigüité Ceci étant dit, l’ambigüité diplomatique franco-marocaine n’est profitable pour personne, affirme Me Hubert Seillan à qui voudrait bien l’entendre et l’entendre dans les deux sens du terme, bien évidemment. Car le Sahara marocain fait tout pour que son développement durable se fasse dans la paix et la sérénité. Le caractère important des énergies vertes, la recherche de l’équilibre biologique, la création de formations pratiques appropriées à ces objectifs font partie de la Charte des Nations Unies. Le déroulement des dernières élections nationales, régionales et locales ne saurait faire illusion : le pays légal est le pays réel. Pourtant, ceux qui depuis près de cinquante ans ont façonné leur hostilité en vérités révélées ne cessent de débiter des masses de déclarations que beaucoup trop de médias reprennent sans grande circonspection et avec beaucoup moins d’exactitude. Le positionnement de Maître Seillan laisse place à la conclusion suivante : il existe sûrement une part de léthargie intellectuelle, mais également une hiérarchisation de l’actualité, puisque le dossier du Sahara marocain ne polarise pas l’attention du monde. Houda BELABD   Repères Emmanuel Macron en visite au Maroc en octobre ? À peine revenu d’Alger où il a obtenu la promesse de se faire livrer le gaz algérien autant qu’il a besoin, le président français, Emmanuel Macron a choisi de faire une annonce de taille, en faisant part de son intention de visiter le Maroc. “Je me rendrai au Maroc e

Sahara marocain : Signature à Marrakech d’une déclaration qui appelle la France à sortir de l’ambiguïté
Les membres de la Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable exhortent la France à faire table rase des différends géopolitiques du passé et à raisonner en termes d’enjeux économiques, énergétiques et sécuritaires.
Sahara marocain : Signature à Marrakech d’une déclaration qui appelle la France à sortir de l’ambiguïté
Nous sommes à Marrakech. Il est 22 heures. Une importante cérémonie est en train de se dérouler au restaurant Argana de la célèbre place Jamaâ Lafna. Il s’agit d’une rencontre entre des membres de la Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable et des professeurs universitaires, juristes, éditorialistes et directeurs de publications de France et du Maroc. Le but de ce rendez-vous d’envergure : la signature d’une déclaration intitulée « Pour sortir de l’ambigüité ».

Ainsi, en sus de ses quatrièmes rencontres à Guelmim, Tan Tan, Es-Smara et Laâyoune, la Fondation, dont le siège est à Bordeaux (France), constate avec une certaine appréhension le décalage évident qui se dessine en France entre les réalités des Provinces marocaines du Sud et les déclarations et propos officiels de l’Hexagone. Redoutant que ce fossé ne se creuse davantage dans le contexte des questions énergétiques, la Fondation rend publique cette déclaration commune de ses membres français et marocains.

En effet, la marocanité des Provinces du Sud plonge ses racines dans les prémices de l’Etat de la première dynastie Idrisside, soit au début du 8ème siècle. Nier ce fait historique sans prendre le soin de l’examiner ne peut être que le résultat d’une intention foncièrement inamicale.

Pour sa part, le peuple marocain conçoit le silence de la France comme un acte inamical. Ainsi, la Fondation met en garde contre la gravité d’une situation qui risque de porter atteinte à des siècles d’amitié partagée, car la décision de la France de mettre fin à son ambiguïté est déterminante pour le Maroc, la France, l’Europe et l’Afrique en raison de l’importance des multiples enjeux, notamment sécuritaires, de l’acabit de la lutte contre l’immigration clandestine, le terrorisme, le trafic d’armes, etc.

Dans cette ambiance marquée par un climat glacial sans précédent entre la France et le Maroc sur le plan diplomatique, sortir de la zone grise et annoncer la couleur que les membres de la Fondation espèrent blanche est une urgence calendaire, car c’est maintenant que se joue l’avenir de la coopération Nord-Sud, au vu de l’agenda chargé de dossiers chronophages et des aléas de la pandémie du Covid-19.

Le mois de septembre a été moins fructueux pour la Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable. Initiées par cette dernière, en partenariat avec l’association Ribat Al Fath, des rencontres franco-marocaines intitulées «Sortir de l’ambiguïté» ont été organisées à Guelmim les 19 et 20 septembre, à Tan-Tan le 21 septembre, à Es-Smara les 22 et 23 septembre et à Laâyoune le 24 septembre.

De par leur ampleur, ces rencontres sont parvenues à replacer à l’ordre du jour des questions bilatérales à forte portée économique, telles que les programmes de développement urbain, industriel et touristique, ainsi que les extraordinaires réalisations des régions du Sahara marocain qui, autrefois considérées comme aréiques, sont devenues aujourd’hui, et depuis trois décennies, un havre de paix et un véritable espace de vie, de production, d’innovation et d’affirmation de leur appartenance au Royaume.

Sortir, réellement, de l’ambigüité

Ceci étant dit, l’ambigüité diplomatique franco-marocaine n’est profitable pour personne, affirme Me Hubert Seillan à qui voudrait bien l’entendre et l’entendre dans les deux sens du terme, bien évidemment. Car le Sahara marocain fait tout pour que son développement durable se fasse dans la paix et la sérénité. Le caractère important des énergies vertes, la recherche de l’équilibre biologique, la création de formations pratiques appropriées à ces objectifs font partie de la Charte des Nations Unies. Le déroulement des dernières élections nationales, régionales et locales ne saurait faire illusion : le pays légal est le pays réel.

Pourtant, ceux qui depuis près de cinquante ans ont façonné leur hostilité en vérités révélées ne cessent de débiter des masses de déclarations que beaucoup trop de médias reprennent sans grande circonspection et avec beaucoup moins d’exactitude. Le positionnement de Maître Seillan laisse place à la conclusion suivante : il existe sûrement une part de léthargie intellectuelle, mais également une hiérarchisation de l’actualité, puisque le dossier du Sahara marocain ne polarise pas l’attention du monde.



Houda BELABD


 

Repères
Emmanuel Macron en visite au Maroc en octobre ?
À peine revenu d’Alger où il a obtenu la promesse de se faire livrer le gaz algérien autant qu’il a besoin, le président français, Emmanuel Macron a choisi de faire une annonce de taille, en faisant part de son intention de visiter le Maroc. “Je me rendrai au Maroc en octobre prochain”, a-t-il lâché à l’attention de ressortissants franco-marocains qu’il a croisés dans un festival au Touquet, région au nord-ouest de l’Hexagone. Le fait que Macron ait annoncé sa visite de cette façon a soulevé moult interrogations au Maroc d’autant plus que ce genre d’annonce se fait généralement par les canaux officiels.
 
Des voix s’élèvent contre les atteintes à l’amitié franco-marocaine !
Les restrictions de visas imposées aux Marocains ont exaspéré plusieurs personnalités françaises, telles que le sénateur français, Christian Cambon, président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat. Ce dernier a interpellé le gouvernement de son pays sur les “grandes difficultés” rencontrées par les ressortissants marocains en matière de délivrance de visas et leurs conséquences sur les relations franco-marocaines. En s’adressant au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le sénateur a appelé à ce que les autorités françaises fassent preuve d’un plus grand discernement dans la procédure de délivrance de visas”.

3 questions à Hubert Seillan
Sahara marocain : Signature à Marrakech d’une déclaration qui appelle la France à sortir de l’ambiguïté

« Il faut faire tabula rasa des mauvais moments du passé »
 
Juriste, professeur honoraire de droit et Président de la Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable, Hubert Seillan a répondu à nos questions.


- Parlez-nous de l’engagement de votre fondation sur fond de crise diplomatique entre le Maroc et la France…


- La Fondation France-Maroc pour la Paix et le Développement durable considère, aujourd’hui, que la situation géopolitique entre le Maroc et la France est une situation grave. Tout particulièrement, la France, ce vieux pays ami doit reconnaître les droits du Maroc sur son Sahara. C’est pour cela que j’adresse cette déclaration solennelle à travers laquelle j’invite la France à sortir de son ambigüité, et ce, à tous les médias, mais en exclusivité à « L’Opinion » et à Monsieur Hassan Sentissi, président du directoire de la Société « Arrissala ».


- Que dit cette déclaration ?

- Les liens entre le Maroc et la France sont si anciens, si forts et si fraternels que le silence d’aujourd’hui doit être rompu. Face à ce constat, les Marocains sont dans l’attente d’un changement mettant un terme à cette situation qui n’arrange aucune des deux parties. Le silence de la France est jugé inamical alors que l’amitié entre les deux pays est si ancienne que rien ni personne ne pourra la réfuter.


- De quel avenir présage cette déclaration ?

- Je suis confiant. Je suis Français, j’ai des amis marocains qui sont eux aussi confiants. Il faut lancer cet appel pour que nos politiques, nos responsables français, prennent conscience de la situation dans laquelle nous sommes. Seule une prise de conscience politique, gouvernementale et diplomatique peut changer la réalité des choses entre nos pays respectifs. D’ailleurs, Feu Mohammed V exhortait lui-même les nationaux à faire tabula rasa des mauvais moments du passé et de bâtir l’avenir géopolitique sur de nouvelles bases.



Recueillis par H. B.

 

Maroc-France
Sahara marocain : Signature à Marrakech d’une déclaration qui appelle la France à sortir de l’ambiguïté

Une rencontre à Bordeaux
 
Il y a à peine quelques mois, le Consulat Général du Royaume du Maroc à Bordeaux a organisé une conférence de présentation de la deuxième édition du livre « Le Sahara marocain ».

Animée par le Consul général du Maroc à Bordeaux, Ahmed Nouri Salimi, cette conférence a été l’occasion de présenter, à un parterre distingué d’éminentes personnalités politiques et locales de la Nouvelle Aquitaine, les récents acquis diplomatiques importants réalisés par le Maroc, sous le haut patronat de SM le Roi Mohammed VI, sur la voie de la résolution définitive du conflit artificiel autour du Sahara marocain, indique un communiqué du consulat.

Des représentants du corps consulaire accrédités à Bordeaux présents à la réunion, notamment le Consul Général du Sénégal dont le pays a ouvert un Consulat Général à Dakhla, ont tenu à affirmer leur soutien à la marocanité du Sahara ainsi que leur appui à la justesse de la cause nationale, ajoute la même source.
 

Publication
Sahara marocain : Signature à Marrakech d’une déclaration qui appelle la France à sortir de l’ambiguïté

« Sahara marocain : l’espace et le temps »
 
Le président de la Fondation, Me Hubert Seillan, a présenté et dédicacé son livre « Sahara marocain : Espace et temps », publié par « La Croisée des Chemins », samedi dernier au Palais des Congrès de Laâyoune. L’avocat et écrivain français a saisi cette opportunité pour présenter la nouvelle 2ème édition de son livre de 248 pages, qui se présente comme un roman historique à consistance économique, sociale, juridique et politique.

Le livre est l’occasion de réunir les divers moments du « voyage » de l’écrivain, où le temps et l’espace se conjuguent et s’assemblent pour ouvrir les voies de la connaissance du territoire, en suivant les différents sentiers offerts par la géographie, l’Histoire et le droit.

L’objectif est de montrer à travers l’Histoire et la géographie l’intégrité territoriale du Maroc, préservée même pendant la période du Protectorat par des forces naturelles, géographiques, historiques, économiques et culturelles, a indiqué l’auteur, notant que l’objectif principal de son livre est de porter ce thème à la connaissance des lecteurs au-delà du Maroc, tout en appréciant le potentiel de développement socio-économique et urbain que recèlent les provinces du Sud, notamment la ville de Laâyoune.

La 2èmeédition de l’ouvrage a été étoffée pour mieux prendre en compte l’évolution du dossier du Sahara marocain en 2020 et 2021.
 

La coopération franco-marocaine en chiffres clés
Sahara marocain : Signature à Marrakech d’une déclaration qui appelle la France à sortir de l’ambiguïté