Procès de Farida C. : l'infirmière accusée d'«outrages» condamnée à une amende avec sursis

Le 16 juin 2020, Farida C. avait été interpellée par la police dans un cortège de soignants. Accusée de «violences» envers les forces de l'ordres et d'«outrages», elle a été condamnée à une amende avec sursis.

Procès de Farida C. : l'infirmière accusée d'«outrages» condamnée à une amende avec sursis

Poursuivie pour avoir jeté des morceaux de bitume sur des policiers lors d'une manifestation de soignants, à Paris en juin, une infirmière hospitalière a été condamnée le 14 septembre à une peine d'amende de 1 000 euros avec sursis.

Farida C., 51 ans, a été condamnée pour des «doigts d'honneur» et des «violences n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail» contre plusieurs dépositaires de l'autorité publique. Cependant, cette condamnation ne sera pas inscrite à son casier judiciaire qui reste donc vierge. 

Elle devra verser 100 et 200 euros de dommages et intérêts à deux policiers, parties civiles au dossier, pour préjudice moral. La soignante a en revanche été relaxée des chefs de «résistance violente» et «outrages». Une décision «inespérée», a commenté son avocat Arié Alimi.

La justice reconnaît notre souffrance

Deux mois de prison de sursis avaient été requis lors de son procès le 22 février, marqué par la mobilisation de dizaines de soutien, à l'intérieur comme à l'extérieur du tribunal de Paris.

«La justice reconnaît notre souffrance, [...] a entendu notre exaspération», s'est félicitée Farida C., «très satisfaite» de cette décision. 

«Il faut lutter ensemble pour sauver le service public et non pas toute seule, ce n'était pas très efficace», a-t-elle concédé, parlant de gestes «qui n'étaient pas prémédités». «Mais quand vous êtes en colère, vous ne réfléchissez pas à ce que vous faites», a-t-elle ajouté, estimant avoir «été contaminée par la violence de la police» ce jour-là.

La mère de famille avait été interpellée à l'arrivée d'un cortège de soignants

La mère de famille, qui travaillait alors à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne), avait été interpellée le 16 juin 2020 quelques minutes après avoir jeté des projectiles et fait des doigts d'honneur en direction des forces de l'ordre, sur fond d'échauffourées à l'arrivée du cortège de soignants sur l'esplanade des Invalides à Paris.

La manifestation avait eu lieu trois mois après le début de l'épidémie de Covid-19. «J'étais exténuée, j'avais perdu la moitié de mes patients, ce n'est pas contre la police que j'ai jeté le bitume, c'était symbolique», avait argué la prévenue à la barre.

Relayées à l'époque sur les réseaux sociaux, des vidéos  de la scène avaient été diffusées à l'audience. On y voit l'infirmière en blouse blanche en train de jeter des projectiles en direction des forces de l'ordre, avant d'être arrêtée sans ménagement.

On l'entend notamment implorer plusieurs fois les policiers: «Donnez moi ma ventoline, je suis asthmatique.» Des images qui avaient suscité la colère de l'opposition de gauche et contraint l'exécutif à monter au créneau pour défendre l'action des forces de l'ordre. Une plainte avait été déposée auprès de l'IGPN. L'avocate des policiers n'a pu être jointe dans l'immédiat pour commenter la décision.