Où en est le Maroc de sa Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets ?

La SNRVD refait parler d'elle Qu’en est-il de la Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets (SNRVD) ? A cet effet, le Maroc a clairement annoncé sa volonté de développer le recyclage dans le respect de la dimension sociale et environnementale. Il a défini comme objectif stratégique de valoriser 20% des déchets générés à l’horizon 2020. Pour les participants au dernier webinaire organisé par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) sur la gestion des déchets dans le Royaume, ladite stratégie cherche encore son rythme de croisière et peine à démarrer. Selon Hassan Chouata, président de l'Association marocaine des experts en gestion des déchets de l'environnement (AMEDE), notre pays produit 7 millions de tonnes de déchets ménagers, 7 millions de tonnes de déchets de démolition, 1,5 million de tonnes de déchets industriels et 350.000 tonnes de déchets industriels dangereux dont seulement 8% sont valorisés par des plateformes relevant du secteur privé. Selon l’intervenant, la valorisation et le recyclage restent une véritable problématique au Maroc puisque les chiffres révèlent que si les potentiels de valorisation s’élèvent à 20%, seuls 7% des déchets sont valorisés. «Prenez l’exemple des déchets en plastique, leur taux de recyclage ne dépasse pas les 11% au Maroc contre 24% en France et 38% en Allemagne. Cela veut dire qu’on est loin d’une vraie politique de valorisation des déchets », a-t-il souligné. Et d’affirmer : « Le pire c’est que nous disposons d’un Plan national pour la gestion des déchets dangereux, mais il reste encore inopérationnel. Ce qui pose la question des responsabilités et du contrôle des opérateurs industriels ». En effet, la loi cadre sur l’environnement et le développement durable a instauré le principe de la «Responsabilité élargie des producteurs (REP)». Lequel étend leurs obligations à l’égard du produit jusqu’au stade de son cycle de vie situé en aval de la consommation. Il présente deux caractéristiques interdépendantes, à savoir le transfert en amont de la responsabilité (matérielle et / ou économique, totale ou partielle) des communes vers les producteurs et la création d’incitations en faveur de la prise en compte des aspects environnementaux par eux dans le cadre de la conception des produits. «Le Maroc est classé parmi les pays qui ont un arsenal juridique très développé en matière de gestion des déchets au niveau africain (la loi n° 78/00 portant Charte communale, la loi n° 79.00 relative à l’organisation des collectivités préfectorales et provinciales, la loi n° 47.96 relative à l’organisation de la région, la loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination, la loi n° 54-05 du 14 février 2006 relative à la gestion déléguée des services publics et ses décrets d’application, le décret du 8 décembre 2009 relatif à la mise en décharge, la loi n° 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement et la loi cadre portant Charte nationale de l’environnement et du développement durable), mais cet arsenal reste inutile faute de décrets permettant sa mise en œuvre», a expliqué le président de l'AMEDE. De son côté, Kenza El Azkem, de l'Association Zéro Zbel a indiqué que 85% des déchets détectés au niveau des côtes marocaines sont des déchets plastiques dont la source n’est autre que trois grandes entreprises, selon une étude initiée en 2018 par ladite association. Une autre étude menée au cours de cette année par la même ONG au niveau des rivières et oueds, notamment les principaux, a révélé que 70% des déchets détectés sont de nature plastique. Une situation que reconnaît un rapport du secrétariat d’Etat auprès du ministre de l‘Energie, des Mines et du Développement durable, chargé du Développement durable daté de 2019 qui a indiqué qu’une partie limitée des déchets industriels est éliminée/valorisée dans des unités adéquates avec un protocole d’acceptation conforme aux réglementations internationales en la matière. Les produits à valeur ajoutée potentielle (verre, plastique, bois, métaux, papier et carton) jouissent de propriétés physiques leur permettant d’être réutilisés et revalorisés. Plusieurs entreprises marocaines opèrent dans ce secteur vu le gisement important existant sur le marché. Toutefois et malgré l'adoption de certains textes juridiques, la totalité des déchets industriels est récupérée, collectée, transportée et parfois valorisée de manière informelle. Ledit rapport explique, en outre, que la gestion de ce secteur ne peut être considérée comme durable que si elle ne s’appuie que sur l’enfouissement des déchets collectés. En effet, et malgré les précautions prises, l’enfouissement demeure une option dont les impacts environnementaux sont souvent difficiles à maîtriser. Il est consommateur d’espaces, souvent au détriment de terrains agricoles productifs et n’est pas sans risques environnementaux (gestion des lixiviats, risque de contamination des ressources en eau et des sols, émissions de gaz à e

Où en est le Maroc de sa Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets ?
La SNRVD refait parler d'elle
Où en est le Maroc de sa Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets ?
Qu’en est-il de la Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets (SNRVD) ? A cet effet, le Maroc a clairement annoncé sa volonté de développer le recyclage dans le respect de la dimension sociale et environnementale. Il a défini comme objectif stratégique de valoriser 20% des déchets générés à l’horizon 2020. Pour les participants au dernier webinaire organisé par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) sur la gestion des déchets dans le Royaume, ladite stratégie cherche encore son rythme de croisière et peine à démarrer. Selon Hassan Chouata, président de l'Association marocaine des experts en gestion des déchets de l'environnement (AMEDE), notre pays produit 7 millions de tonnes de déchets ménagers, 7 millions de tonnes de déchets de démolition, 1,5 million de tonnes de déchets industriels et 350.000 tonnes de déchets industriels dangereux dont seulement 8% sont valorisés par des plateformes relevant du secteur privé. Selon l’intervenant, la valorisation et le recyclage restent une véritable problématique au Maroc puisque les chiffres révèlent que si les potentiels de valorisation s’élèvent à 20%, seuls 7% des déchets sont valorisés. «Prenez l’exemple des déchets en plastique, leur taux de recyclage ne dépasse pas les 11% au Maroc contre 24% en France et 38% en Allemagne. Cela veut dire qu’on est loin d’une vraie politique de valorisation des déchets », a-t-il souligné. Et d’affirmer : « Le pire c’est que nous disposons d’un Plan national pour la gestion des déchets dangereux, mais il reste encore inopérationnel. Ce qui pose la question des responsabilités et du contrôle des opérateurs industriels ». En effet, la loi cadre sur l’environnement et le développement durable a instauré le principe de la «Responsabilité élargie des producteurs (REP)». Lequel étend leurs obligations à l’égard du produit jusqu’au stade de son cycle de vie situé en aval de la consommation. Il présente deux caractéristiques interdépendantes, à savoir le transfert en amont de la responsabilité (matérielle et / ou économique, totale ou partielle) des communes vers les producteurs et la création d’incitations en faveur de la prise en compte des aspects environnementaux par eux dans le cadre de la conception des produits. «Le Maroc est classé parmi les pays qui ont un arsenal juridique très développé en matière de gestion des déchets au niveau africain (la loi n° 78/00 portant Charte communale, la loi n° 79.00 relative à l’organisation des collectivités préfectorales et provinciales, la loi n° 47.96 relative à l’organisation de la région, la loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination, la loi n° 54-05 du 14 février 2006 relative à la gestion déléguée des services publics et ses décrets d’application, le décret du 8 décembre 2009 relatif à la mise en décharge, la loi n° 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement et la loi cadre portant Charte nationale de l’environnement et du développement durable), mais cet arsenal reste inutile faute de décrets permettant sa mise en œuvre», a expliqué le président de l'AMEDE. De son côté, Kenza El Azkem, de l'Association Zéro Zbel a indiqué que 85% des déchets détectés au niveau des côtes marocaines sont des déchets plastiques dont la source n’est autre que trois grandes entreprises, selon une étude initiée en 2018 par ladite association. Une autre étude menée au cours de cette année par la même ONG au niveau des rivières et oueds, notamment les principaux, a révélé que 70% des déchets détectés sont de nature plastique. Une situation que reconnaît un rapport du secrétariat d’Etat auprès du ministre de l‘Energie, des Mines et du Développement durable, chargé du Développement durable daté de 2019 qui a indiqué qu’une partie limitée des déchets industriels est éliminée/valorisée dans des unités adéquates avec un protocole d’acceptation conforme aux réglementations internationales en la matière. Les produits à valeur ajoutée potentielle (verre, plastique, bois, métaux, papier et carton) jouissent de propriétés physiques leur permettant d’être réutilisés et revalorisés. Plusieurs entreprises marocaines opèrent dans ce secteur vu le gisement important existant sur le marché. Toutefois et malgré l'adoption de certains textes juridiques, la totalité des déchets industriels est récupérée, collectée, transportée et parfois valorisée de manière informelle. Ledit rapport explique, en outre, que la gestion de ce secteur ne peut être considérée comme durable que si elle ne s’appuie que sur l’enfouissement des déchets collectés. En effet, et malgré les précautions prises, l’enfouissement demeure une option dont les impacts environnementaux sont souvent difficiles à maîtriser. Il est consommateur d’espaces, souvent au détriment de terrains agricoles productifs et n’est pas sans risques environnementaux (gestion des lixiviats, risque de contamination des ressources en eau et des sols, émissions de gaz à effet de serre, etc). D’ailleurs, avec l’accroissement continu du nombre de décharges, l’acceptation sociale des sites d’enfouissement contrôlés est de plus en plus difficile. Par ailleurs et faute d'installations spécialisées suffisantes de traitement et d'élimination des déchets industriels et notamment des déchets dangereux, ces derniers sont souvent stockés sur des sites industriels ou dans des décharges non contrôlées. Cette situation engendre de graves conséquences aussi bien pour la santé publique et l’environnement que pour l’avenir des activités socioéconomiques dans notre pays. Le SNRVD risque-t-il d’avoir le même sort que celui qui a été réservé au Plan national des déchets ménagers (PNDM) lancé en 2008 et qui était censé mettre en place des décharges contrôlées dans toutes les communes urbaines du Maroc en 2015? Personne ne le sait. En 2016, seuls 48% des déchets environ sont enfouis dans des décharges qui répondent aux normes environnementales alors que ce plan a englouti 40 milliards de DH en provenance du budget des ministères de l’Intérieur et de l’Environnement et de celui des collectivités locales.