Magazine : Les Frères Jackfruit, Atlas attitude et Souss system

Le duo français découvre le Maroc musical en 2017 et s’y engouffre. Il fréquente le Haut-Atlas et la région du Souss après une fructueuse escale à Casablanca. Si son champ d’action s’étale à d’autres contrées, le déclic de fusion prend forme dans le royaume. Les Frères Jackfruit qui ne sont pas des frères s’appellent Boris Pin et Valentin Réault. Ils se croisent à Gâtine dans les Deux-Sèvres, âgés d’à peine 14 ans. Leur point commun est le métissage des sons. Au début de leur carrière, les deux amis agitent leurs mix l’un lors de mariages l’autre pour des dîners dansants. « Rapidement, on a fondé les Frères Jackfruit pour diffuser davantage la musique qu’on aime. C’était il y a dix ans, au début de la vulgarisation des logiciels de DJ », se rappelle Boris qui, avec son alter-égo, fait découvrir aux auditeurs de Radio Gâtine leur approche musicale, une touche exotique qu’ils développent en empruntant le chemin de la recherche sérieuse. « On passait des titres entrecoupés d’explications, comme un voyage dans l’histoire de la musique cumbia, hip-hop, tzigane, etc. » Valentin, lui, découvre la planète vinyle à Londres en 2004. « Le duo réalisait ses chroniques dans la « twelve volt station », un studio mobile alimenté par des panneaux solaires. Autodidactes, ils se sont formés - et se forment encore - aux techniques musicales (MAO, autoproduction, mastering audio…) », raconte le journal L’Est Républicain. Ahidous and Co « Donner une seconde vie à des morceaux oubliés venus des quatre coins du monde, c’est l’ambition des Frères Jackfruit depuis le début de leur collaboration. Cumbia, compas, en passant par l’afro-beat, le funk et la samba, leurs Dj Sets, dansants et électriques, sont une véritable fusion entre les musiques traditionnelles et modernes. » Jackfruit, qui signifie fruit du jaquier issu d’un arbre tropical, traverse la riche décennie 2010, en fusionnant les musiques afro-latino-caribéennes ou le dub et l’électro. Le tandem s’essaie à des reprises de vieilles scies ensoleillées qu’ils arriment à des sons occidentaux. De là, il se lance le défi de la composition en gardant ce goût du voyage à travers le temps et l’espace. Le voilà alors « contraint » de faire de la route, de découvrir des contrées prêtes à assouvir une soif illimitée de découvertes sonores mais aussi de coutumes et de cultures que ses terres de destination peuvent offrir. En 2017, Boris et Valentin entament leur voyage initiatique au Maroc, à Casablanca. Un séjour pendant lequel ils rencontrent le DJ électro Guedra Guedra. Grâce à lui, ils se produisent une première fois au Pub Vertigo où le groupe Cabareh Chikhate se fait les dents. La fièvre est bien installée mais la course aux roots ne fait que commencer. Deux années plus tard, ils débarquent dans le Haut-Atlas munis d’un studio mobile. Dans la vallée de Zaouiat Ahensal, ils enregistrent les chants des femmes du village et de la troupe Amezray Smnid. Cinq titres en sont tirés sous l’intitulé « Ahidous ». Description de Valentin : « Ils chantent leur culture, leurs droits bafoués, la défense de leur région et des thèmes de la vie quotidienne, il y a une dimension poétique, spirituelle et une certaine tristesse parfois. » Dans la foulée, Pin et Réault gagnent la région du Souss où d’autres couleurs musicales leur ouvrent les bras. Ils y enregistrent les grandes lignes de l’EP « Souss System » paru en mars dernier. « Il allie dub, hip hop et électro à la musique amazighe de l’ouest marocain. Il y a une dimension électro dance, sur des messages un peu plus recherchés. Ça semblait inconcevable autrement », précisent les deux artistes. Marakuja, label indépendant Privés de scène et de voyages en 2020-2021, les Frères Jackfruit se consolent avec la création d’un label indépendant, Marakuja Records. Une plateforme dédiée aux nouveaux talents. « Ce label représente un nouveau travail, il nous permet d’être libres de pouvoir distribuer nos autoproductions et de représenter les artistes qui participent à nos projets sous notre label », dit Boris Pin. Au début de l’année prochaine, les Frères comptent donner naissance à l’EP Souss System Remixes : « Il y aura la participation de KSD, Yane, KasbaH, Twin Sweet Chilis… des producteurs d’un peu partout. » Entre-temps, cinq chansons voient le jour, réalisées avec le concours des Gadiris Imazzalen, du rappeur Jamal Rass Derb qui vient de sortir l’album « Tifawin » et du producteur techno français Rural Brutal. En attendant des live grandeurs nature, rabattons-nous sur le streaming, une sorte de salle d’attente. Anis HAJJAM

Magazine : Les Frères Jackfruit, Atlas attitude et Souss system
Le duo français découvre le Maroc musical en 2017 et s’y engouffre. Il fréquente le Haut-Atlas et la région du Souss après une fructueuse escale à Casablanca. Si son champ d’action s’étale à d’autres contrées, le déclic de fusion prend forme dans le royaume.
Magazine : Les Frères Jackfruit, Atlas attitude et Souss system
Les Frères Jackfruit qui ne sont pas des frères s’appellent Boris Pin et Valentin Réault. Ils se croisent à Gâtine dans les Deux-Sèvres, âgés d’à peine 14 ans. Leur point commun est le métissage des sons. Au début de leur carrière, les deux amis agitent leurs mix l’un lors de mariages l’autre pour des dîners dansants.

« Rapidement, on a fondé les Frères Jackfruit pour diffuser davantage la musique qu’on aime. C’était il y a dix ans, au début de la vulgarisation des logiciels de DJ », se rappelle Boris qui, avec son alter-égo, fait découvrir aux auditeurs de Radio Gâtine leur approche musicale, une touche exotique qu’ils développent en empruntant le chemin de la recherche sérieuse.

« On passait des titres entrecoupés d’explications, comme un voyage dans l’histoire de la musique cumbia, hip-hop, tzigane, etc. » Valentin, lui, découvre la planète vinyle à Londres en 2004. « Le duo réalisait ses chroniques dans la « twelve volt station », un studio mobile alimenté par des panneaux solaires. Autodidactes, ils se sont formés - et se forment encore - aux techniques musicales (MAO, autoproduction, mastering audio…) », raconte le journal L’Est Républicain.

Ahidous and Co

« Donner une seconde vie à des morceaux oubliés venus des quatre coins du monde, c’est l’ambition des Frères Jackfruit depuis le début de leur collaboration. Cumbia, compas, en passant par l’afro-beat, le funk et la samba, leurs Dj Sets, dansants et électriques, sont une véritable fusion entre les musiques traditionnelles et modernes. » Jackfruit, qui signifie fruit du jaquier issu d’un arbre tropical, traverse la riche décennie 2010, en fusionnant les musiques afro-latino-caribéennes ou le dub et l’électro. Le tandem s’essaie à des reprises de vieilles scies ensoleillées qu’ils arriment à des sons occidentaux.

De là, il se lance le défi de la composition en gardant ce goût du voyage à travers le temps et l’espace. Le voilà alors « contraint » de faire de la route, de découvrir des contrées prêtes à assouvir une soif illimitée de découvertes sonores mais aussi de coutumes et de cultures que ses terres de destination peuvent offrir. En 2017, Boris et Valentin entament leur voyage initiatique au Maroc, à Casablanca. Un séjour pendant lequel ils rencontrent le DJ électro Guedra Guedra.

Grâce à lui, ils se produisent une première fois au Pub Vertigo où le groupe Cabareh Chikhate se fait les dents. La fièvre est bien installée mais la course aux roots ne fait que commencer. Deux années plus tard, ils débarquent dans le Haut-Atlas munis d’un studio mobile. Dans la vallée de Zaouiat Ahensal, ils enregistrent les chants des femmes du village et de la troupe Amezray Smnid. Cinq titres en sont tirés sous l’intitulé « Ahidous ».

Description de Valentin : « Ils chantent leur culture, leurs droits bafoués, la défense de leur région et des thèmes de la vie quotidienne, il y a une dimension poétique, spirituelle et une certaine tristesse parfois. »

Dans la foulée, Pin et Réault gagnent la région du Souss où d’autres couleurs musicales leur ouvrent les bras.

Ils y enregistrent les grandes lignes de l’EP « Souss System » paru en mars dernier. « Il allie dub, hip hop et électro à la musique amazighe de l’ouest marocain. Il y a une dimension électro dance, sur des messages un peu plus recherchés. Ça semblait inconcevable autrement », précisent les deux artistes.

Marakuja, label indépendant

Privés de scène et de voyages en 2020-2021, les Frères Jackfruit se consolent avec la création d’un label indépendant, Marakuja Records. Une plateforme dédiée aux nouveaux talents.

« Ce label représente un nouveau travail, il nous permet d’être libres de pouvoir distribuer nos autoproductions et de représenter les artistes qui participent à nos projets sous notre label », dit Boris Pin. Au début de l’année prochaine, les Frères comptent donner naissance à l’EP Souss System Remixes : « Il y aura la participation de KSD, Yane, KasbaH, Twin Sweet Chilis… des producteurs d’un peu partout. »

Entre-temps, cinq chansons voient le jour, réalisées avec le concours des Gadiris Imazzalen, du rappeur Jamal Rass Derb qui vient de sortir l’album « Tifawin » et du producteur techno français Rural Brutal. En attendant des live grandeurs nature, rabattons-nous sur le streaming, une sorte de salle d’attente.



Anis HAJJAM