Les créances qui écrasent Sonelgaz

Malgré ses difficultés financières, la société publique Sonelgaz peine à récupérer ses créances. Les factures impayées que détient cette société dépassent la valeur de 171 milliards de dinars au premier semestre de l’année en cours. L’information a été donnée par Marzouki Fatma, chargée de la communication de la société de distribution de l’électricité et du […]

Les créances qui écrasent Sonelgaz

Malgré ses difficultés financières, la société publique Sonelgaz peine à récupérer ses créances. Les factures impayées que détient cette société dépassent la valeur de 171 milliards de dinars au premier semestre de l’année en cours. L’information a été donnée par Marzouki Fatma, chargée de la communication de la société de distribution de l’électricité et du Gaz, Sadeg.

Sonelgaz a appelé ses clients à régler leurs factures impayées afin d’éviter l’accumulation de factures de consommation d’énergie, en précisant qu’un ensemble de mesures de facilitation et différents modes de paiement a été mis en place, notamment le rééchelonnement des dettes.

Sonelgaz a pris la décision, et c’était une solidarité lors de la pandémie de coronavirus, de ne pas couper l’approvisionnement en gaz et en électricité de ses clients, notamment domestiques, bien que cette mesure ait causé d’énormes pertes financières qui dépassaient les 171 milliards de dinars, dont 63% relèvent du secteur privé, y compris les ménages, a précisé la même responsable.

L’entreprise a indiqué que ses clients peuvent contacter les agences commerciales afin d’obtenir un rééchelonnement des dettes avec l’accord mutuel des deux parties, en fonction du nombre de factures impayées.

Le chiffre a augmenté de manière vertigineuse. A titre indicatif, jusqu’à juillet le montant des factures de gaz et d’électricité impayées par les clients de Sonelgaz depuis le début de l’année 2020 s’élevait à environ 70 milliards de dinars, alors qu’il s’élevait à la même période de l’année 2019 à environ 53 milliards de dinars, avait déclaré le président-directeur général du groupe, Chaher Boulakhras. En 2019, les créances de la Sonelgaz sont détenues à hauteur de 52% par les clients institutionnels.

Ce dernier avait déclaré que l’augmentation du montant des créances liées aux factures de gaz et d’électricité était due aux répercussions de la crise sanitaire mondiale à laquelle l’Algérie n’a pas échappé.

Sans doute à cause de cette situation, M. Boulakhras avait précisé que le groupe Sonelgaz avait décidé, après l’approbation de son conseil d’administration, de réduire de 30% son programme d’investissements ainsi que plus de 10% des coûts d’exploitation et d’entretien, expliquant que le groupe avait pris cette décision dans le but d’accompagner les efforts nationaux afin de réduire les dépenses au cours de cette année qui connait une crise sanitaire.

Pour réduire l’impact de ces créances impayées, la société Sonelgaz a mis en place une stratégie visant à récupérer une partie de son dû. En octobre, le PDG de la société avait indiqué que «vu la situation déficitaire de l’entreprise, des procédures seront bientôt engagées pour récupérer les créances, notamment auprès des industriels et des établissements publics».  En octobre, Sonelgaz a enregistré des pertes de 18,7 milliards de dinars «dues à la baisse de la consommation en raison de la réduction de l’activité économique et l’augmentation des créances».

Malgré ce fardeau, la Sonelgaz avait décidé de ne pas couper le courant à ses clients à cause de l’épidémie. « En cette période exceptionnelle et dans un élan de solidarité indéfectible avec sa clientèle, la SADEG a procédé à la suspension des coupures pour factures impayées, ce qui a augmenté considérablement le niveau des créances détenues auprès de ses abonnés, aussi bien privés que publics », avait indiqué la société dans un communiqué.

« Ces créances, qui restent en constante croissance, pour la concession d’Alger RDA, ont atteint, à la fin du 1er semestre de l’année, des niveaux record avec plus de 18 milliards de DA », avait-elle.

Essaïd Wakli