L’épopée fascinante de Jan Janszoon alias Mourad Raïs

L’ambassade des Pays-Bas à Alger a organisé, jeudi soir dernier, une rencontre littéraire virtuelle avec l’écrivain néerlandais, Abdelkader Benali, autour de son best-seller Voyageurs d’une autre ère publié en 2020. Originaire du Maroc, l’écrivain, présentateur, journaliste et poète néerlandais, Abdelkader Benali, a retracé dans son dernier récit Voyageurs d’une autre ère, le parcours fascinant de […] L’article L’épopée fascinante de Jan Janszoon alias Mourad Raïs est apparu en premier sur El Watan.

L’épopée fascinante de Jan Janszoon alias Mourad Raïs

L’ambassade des Pays-Bas à Alger a organisé, jeudi soir dernier, une rencontre littéraire virtuelle avec l’écrivain néerlandais, Abdelkader Benali, autour de son best-seller Voyageurs d’une autre ère publié en 2020.

Originaire du Maroc, l’écrivain, présentateur, journaliste et poète néerlandais, Abdelkader Benali, a retracé dans son dernier récit Voyageurs d’une autre ère, le parcours fascinant de Jan Janszoon van Haarlem, connu en Afrique du Nord sous le nom de Mourad Rais. Ce personnage atypique est un hollandais originaire d’Haarlem né vers 1570 et décédé vers 1641.

Après sa capture par des pirates barbaresques en 1618, il est devenu renégat en se convertissant à l’islam. Basé, dans un premier temps à Alger, il navigue alors avec un autre corsaire hollandais, Suleyman Rais.

Il devient par la suite pirate à Salé au Maroc où il est, entre 1624 et 1627, le grand amiral de la république de Salé qu’il dirige. Le conférencier explique qu’il a rencontré le personnage de Jan Janszoon dit Mourad Rais lors de ses études d’histoire dans une université des Pays-Bas.

Comme le dit si bien le conférencier, il était entrelacé dans l’histoire du Maghreb. Si Jan Janszoon est un pirate qui a révolutionné son siècle, il n’en demeure pas moins qu’il y a des zones d’ombre méconnues dans son parcours, notamment dans ses débuts. D’où les interrogations suivantes : Comment cet homme est-il arrivé à Alger ? Et comment est-il tombé entre les mains de Barbaroussa ? Pour le romancier Abdelkader Benali, l’histoire de Mourad Rais est assez bizarre.

Ceci étant, à l’époque de Jan Janszoon, les Pays-Bas n’ont pas de marine, encore moins de bateaux de guerre comme les Espagnols et les Turcs. Pour défendre la frontière maritime, le roi des Pays-Bas de l’époque donne une autorisation officielle aux pirates pour combattre les bateaux espagnols. En 1609, un traité de paix est signé entre les pays- Bas et l’Espagne. Jan Janszoon perd alors son boulot en devenant le dernier pirate classique.

Capture de Jan Janszoon par des pirates

Il est capturé par des pirates barbaresques en 1618, à Lanzarote aux îles Canaries et emmené comme captif à Alger. Là, il «se fit turc» en se convertissant à l’Islam et en se faisant circoncire, devenant ainsi un renégat.

Après sa conversion, il navigue avec le fameux pirate hollandais Suleyman Raïs, connu également sous le nom de Salomo de Veenboer, que Janszoon connaissait d’avant sa capture, et qui, tout comme lui, s’était reconverti à l’Islam. Entre temps, Alger fait la paix avec une multitude des nations européennes, la ville ne peut plus servir de base d’opération à Jan Janszoon.

Après la mort de Suleyman Rais – tué par un boulet de canon en 1619 – Jan Janszoon émigre vers la côte de Barbarie et le port de Salé pour y devenir pirate pour son propre compte. Pendant sa carrière de corsaire de Salé, puis après son départ en 1627, Janszoon met sur pied plusieurs expéditions audacieuses, dont un raid sur l’Islande de 1627. En 1635, il est capturé en compagnie de plusieurs de ces hommes près de Tunis par les Hospitaliers.

Enfermé dans les cachots de l’île de Malte, il y est victime de mauvais traitements et de tortures, affectant sa santé. Il est libéré en 1640 par une attaque corsaire menée par le dey de Tunis. Il retourne alors au Maroc, où il est nommé gouverneur de la forteresse de Oualidia, près de Safi.

A l’occasion de l’arrivée du nouveau consul néerlandais, il reçoit la visite de sa fille Lysbeth Janszoon, venue des Pays-Bas. Elle reste près de son père jusqu’en août 1641, où elle est contrainte de regagner son pays. Jan Janszoon se retire de la vie politique et de la piraterie : Viellesse oblige. Peu d’éléments sont donnés concernant sa fin de vie mais on sait, toutefois, qu’il est mort au Maroc en 1641.

Pas de frontières entre l’Europe et le Maghreb

L’auteur de Voyageurs d’une autre ère, explique qu’il a voulu écrire ce livre au public hollandais car, «chez nous au pays-Bas, explique-t-il, quand on parle du Maghre cela fait référence à l’Afrique lointaine. Moi, je dis non. Les frontières n’existent pas. Il n’y a pas une frontière entre l’Europe et le Maghreb. Mourad Rais est venu d’Harlem à Alger en passant par Salé et l’Island. A l’époque, au VIe et au VIIe siècles, on était plus ouvert. Il n’y avait pas ces barrières qui existent aujourd’hui dans le monde. Je dis que le Maghreb et l’Europe ont une histoire commune ancienne qu’il faut absolument respecter».

Le journaliste Abdelkader Benali reconnaît sans prétention aucune qu’il y a une analogie entre son parcours et celui de Mourad Rais. Il raconte alors qu’un jour il est en vacances dans son village natal à Ighazzazen, une personne lui confie que la plage où il nageait quand il était enfant a été pendant des siècles le point de départ des bateaux de pirates.

Les habitants du Rif complétaient leurs maigres revenus de l’agriculture et de la pêche par la piraterie. « Je me suis rendu compte que ma région natale a une histoire des plus turbulente faite de guerres, de migrations et d’assimilation. Il y a 150 ans à Ighazzazen, il y avait des pirates.» Il est à noter que le récit Voyageurs d’une autre ère est disponible pour l’instant qu’en langue néerlandaise.

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