Le marché du travail pas encore en convalescence

Avec 202.000 emplois perdus et un taux de chômage à 12,5% au 1er trimestre 2021 L’emploi rémunéré a régressé de 16.000 postes, en raison d’une perte de 80.000 en zones rurales et d’une création de 64.000 emplois en zones urbaines. Chômage, sous-emploi, activité … le HCP dévoile un constat alarmant sur l’emploi. L’onde de choc ...

Le marché du travail pas encore en convalescence

Avec 202.000 emplois perdus et un taux de chômage à 12,5% au 1er trimestre 2021

L’emploi rémunéré a régressé de 16.000 postes, en raison d’une perte de 80.000 en zones rurales et d’une création de 64.000 emplois en zones urbaines. Chômage, sous-emploi, activité … le HCP dévoile un constat alarmant sur l’emploi.

L’onde de choc provoquée par la Covid-19 a précipité de nombreux travailleurs dans la précarité. Le marché du travail ne s’est pas encore remis des dégâts de la crise. «Entre le premier trimestre de 2020 et celui de 2021, et avec une création de 56.000 postes en milieu urbain et d’une perte de 258.000 en milieu rural, l’économie nationale a perdu 202 000 postes d’emploi au niveau national, principalement des emplois non rémunérés (185.000 postes). Une année auparavant, entre les premiers trimestres de 2019 et de 2020, elle avait créé 77.000 postes», indique le HCP dans sa dernière note consacrée à la situation du marché du travail au premier trimestre 2021. A ce stade, l’emploi rémunéré a régressé de 16.000 postes, en raison d’une perte de 80.000 en zones rurales et d’une création de 64.000 emplois en zones urbaines. Chômage, sous-emploi, activité … le HCP dévoile un constat alarmant sur l’emploi qui continue de subir les effets de la crise vécue par l’économie nationale au cours de l’année 2020. Les détails.

1,53 million de chômeurs au Maroc

Les économistes du Haut-Commissariat au Plan révèlent que le chômage touche plus de 1,53 million de personnes au niveau national au premier trimestre de 2021 enregistrant une hausse de 242.000 dont 185.000 en milieu urbain et 57.000 dans le monde rural. Plus révélateur, le taux de chômage est passé de 10,5 à 12,5% entre le premier semestre de 2020 et celui de 2021. Il s’avère ainsi qu’il est passé de 15,1 à 17,1% en milieu urbain et de 3,9 à 5,3% en milieu rural. «Il a enregistré une forte hausse parmi les femmes, de 14,3 à 17,5%, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, de 26,8 à 32,5%, et parmi les diplômés, de 17,8 à 19,8%», précise ladite note. Dans ce schéma, la population active occupée en situation de sous-emploi s’élève à 988.000 personnes alors que le taux de sous-emploi est passé de 8,8 à 9,2%, au niveau national, de 8,7 à 8,9% en milieu urbain et de 8,9 à 9,6% en milieu rural.

Activité et emploi : L’écart entre les hommes et les femmes persiste

Le taux d’activité est en recul au niveau national, passant de 46 à 45,5% entre le premier trimestre de 2020 et la même période de 2021. Il est passé de 53,3 à 51,1% en milieu rural. En milieu urbain, le taux d’activité a légèrement augmenté atteignant 42,6% au premier trimestre de 2021 contre 42,1% à la même période de l’année dernière. Le gap entre les hommes et les femmes se chiffre à 49,5 points, avec des taux d’activité respectifs de 70,7% et de 21,2% au premier trimestre de 2021. Ces taux étaient de 70,3% et de 22,6% au premier trimestre de 2020. «De son côté, le taux d’emploi a baissé de 41,2 à 39,9% au niveau national. Ce taux a connu une légère baisse de 0,4 point en milieu urbain (de 35,7 à 35,3%), alors qu’il a perdu 2,8 points en milieu rural (de 51,2 à 48,4%)», relève la même source ajoutant que l’écart entre hommes et femmes a atteint 45,4 points avec des taux d’emploi respectifs de 62,9 et de 17,5%. «Ces taux étaient de 63,8 et de 19,3%, une année auparavant», indique-t-on.

Cinq régions abritent près des trois quarts des actifs

L’évolution du marché du travail s’exprime également au niveau de la concentration régionale des actifs. Il en ressort ainsi que cinq régions abritent 72% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. Sans surprise, la région de Casablanca-Settat occupe la première position avec 22,5% d’actifs, suivie de Marrakech-Safi (13,3%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,3%), de Fès-Meknès (11,4%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,2%). «Quatre régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (45,5%), Casablanca-Settat avec 48,6%, Tanger-Tétouan-Al Hoceima (48,1%), Marrakech-Safi (46,8%) et Drâa-Tafilalet (46,4%).

En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Fès-Meknès (42,5%), du Souss-Massa (42,3%) et de l’Oriental (41,6%)», selon le HCP. Par ailleurs, environ trois quarts des chômeurs (73%) sont concentrés dans cinq régions. Casablanca-Settat arrive en première position avec 27,5% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,1%), de Fès-Meknès (12,5%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,7%) et de l’Oriental (9,6%). Notons que les taux de chômage les plus élevés sont dans les régions du Sud (19,6%) et de l’Oriental (18,7%).

« Avec moins d’acuité, deux autres régions dépassent la moyenne nationale (12,5%), à savoir Casablanca-Settat (15,3%) et Fès-Meknès (13,6%). En revanche, les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi et de Béni Mellal-Khénifra enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 7,8, 7,9 et 8,8%», conclut la même source.