Industrie agroalimentaire: Des activités et les stratégies aux enjeux immédiats

La situation sans précédent liée à la Covid‑19 a eu une forte incidence sur le modèle économique, industriel et commercial des entreprises de l’agroalimentaire. Aujourd’hui, il est temps pour elles de se préparer à la phase suivante et de s’adapter à une nouvelle réalité pour réaligner leurs activités et leurs stratégies sur ce qui est … L’article Industrie agroalimentaire: Des activités et les stratégies aux enjeux immédiats est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

Industrie agroalimentaire: Des activités et les stratégies aux enjeux immédiats

La situation sans précédent liée à la Covid‑19 a eu une forte incidence sur le modèle économique, industriel et commercial des entreprises de l’agroalimentaire. Aujourd’hui, il est temps pour elles de se préparer à la phase suivante et de s’adapter à une nouvelle réalité pour réaligner leurs activités et leurs stratégies sur ce qui est devenu ou deviendra les prochaines pratiques exemplaires dans le secteur de l’alimentation. Plus de traçabilité, de transparence et de flexibilité, amélioration des conditions de travail pour les opérateurs, digitalisation et optimisation des outils de production font partie de ces nouveaux enjeux.

Véritable épine dorsale du tissu socioéconomique tunisien, le secteur agroalimentaire se caractérise par une grande diversité d’acteurs et de filières (céréalière, sucrière, laitière, agrumicole, avicole, maraîchère, viande, oléicole…). Il joue, en outre, un rôle important dans le renforcement de la sécurité alimentaire nationale, la création d’emplois et les entrées de devises, à travers les exportations.

Au début de la pandémie, les entreprises du secteur agroalimentaire devaient, avant tout, réagir et s’ajuster aux enjeux immédiats, en tentant de limiter les risques liés à la santé et à la sécurité, et à leur activité, leur trésorerie et leur rentabilité. Il en allait, essentiellement, de leur survie. La crise sanitaire a annoncé une crise majeure et inédite en mesure d’amplifier les dysfonctionnements constatés au niveau de l’approvisionnement en facteurs et intrants de production, la mobilité des acteurs, notamment les employés, la continuité des activités agricoles, industrielles et commerciales, les échanges agricoles et agroalimentaires internationaux et la vie des couches sociales pauvres et vulnérables.

Impacts multiples

D’après une analyse établie par l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), «le secteur des industries agroalimentaires et ses principales filières de production est souvent secoué par des crises cycliques liées, tout d’abord, à la variabilité des productions agricoles (huile d’olive, volaille, lait, fruits, etc.), à la hausse des prix des intrants et des facteurs de production, à l’instabilité du taux de change du dinar tunisien face au dollar et à l’euro, à l’absence d’une infrastructure de qualité et à un contrôle sanitaire des aliments pas assez maîtrisés».

La pandémie de la Covid-19 et la mise en œuvre des mesures de confinement et leurs multiples impacts sur le comportement des consommateurs, la restauration, le secteur touristique, les entreprises industrielles, les circuits de distribution, la logistique et la mobilité des employés «ont provoqué des situations de pénurie pour les céréales et dérivés (semoule, farine, orge, etc.), les aliments de bétail, les huiles végétales subventionnées, les produits de la mer et certains fruits et légumes, et inversement d’abondance pour les œufs, les viandes blanches, les viandes rouges, le lait et produits dérivés, les fruits de saison, comme les fraises, les abricots, les pêches, et les autres fruits de saison périssables».

Selon la même source, «les résultats de l’enquête réalisée auprès de quelques entreprises révèlent que la moitié des entreprises interrogées ont réduit leur effectif d’employés depuis la décision du confinement et que 24,3% des IAA (Industries agroalimentaires) confirment avoir mis une partie de leurs employés au chômage technique. En matière de production et de productivité, ces résultats révèlent que la quasi-totalité des IAA ont réduit le volume de leur production à partir du 21 mars 2020. 54% des IAA confirment une baisse de la productivité, du fait de l’absentéisme ou de l’affaiblissement du rendement global. 21,6% des entreprises ne rapportent aucun changement significatif dans leur rythme de production et/ou de productivité».

Mesures financières et fiscales

En ce qui concerne l’impact de la Covid-19 sur l’investissement destiné aux entreprises agroalimentaires, le gouvernement a pris des mesures financières et fiscales afin de leur permettre de surmonter leurs difficultés financières passagères et de les protéger d’une véritable faillite. Certes, «ces mesures sont générales et applicables pour tous types d’entreprises, mais beaucoup d’IAA en ont bénéficié. Une seule mesure spécifique pour les entreprises opérant dans le domaine agroalimentaire a été décidée, à savoir permettre aux entreprises totalement exportatrices actives dans l’agroalimentaire d’écouler 100% de leur production totale sur le marché local au lieu de 30% en 2020».

Les mesures décidées ont pour objectif de soutenir les entreprises impactées par le confinement et d’assurer la préservation des emplois. Parmi ces mesures, le report des délais de remise des déclarations d’impôt sur les sociétés, à fin mai 2020, à l’exception des sociétés soumises à 35 % de l’impôt, la suspension de toutes les activités de contrôle et de mesures de redressement fiscal et des délais d’objection jusqu’à fin mai. Il y a eu aussi la récupération par les entreprises du crédit TVA, dans les plus brefs délais, à travers l’accélération de la tenue de la commission d’examen des demandes de récupération, à une fois par semaine au lieu de 2 fois par mois, de manière à ne pas dépasser un délai maximum d’un mois pour le remboursement

Egalement, il ne faut pas oublier l’activation de la commission nationale et des commissions régionales de conciliation et la création d’une cellule de crise au niveau de la Présidence du gouvernement, chargée des entreprises les plus touchées des suites du coronavirus. Cette cellule, composée de représentants des ministères des Finances, des Affaires sociales, de la BCT et de l’Utica, de l’Apbef et de l’Utap, œuvrera à préserver les emplois et à garantir les droits des travailleurs.

Parmi les mesures, il y a aussi le rééchelonnement des dettes fiscales de ces entreprises sur une période de 7 ans, l’ouverture d’une ligne de financement supplémentaire de 300 MD pour soutenir la ligne de développement des petites et moyennes entreprises, l’activation des mesures de prise en charge par l’Etat de l’écart entre le taux d’intérêt des crédits d’investissement et le TMM, de l’ordre de 3 points.

A ne pas négliger, par ailleurs, la création de fonds d’investissement d’un montant de 500 MD (dont une première souscription de 100 millions de dinars) à l’initiative de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), et ce, pour financer les entreprises stratégiques. Aussi, la création d’un Fonds de relais de 100 millions de dinars, à l’initiative de la CDC pour acquérir les participations des fonds d’investissement dans les sociétés actives dans des domaines stratégiques et qui sont en difficulté.

D’autres mesures font bénéficier ces entreprises d’un report de 3 mois pour les pénalités de retard de paiement d’impôts, à partir du 1er avril et jusqu’au 30 juin 2020, et de faciliter à ces dernières le remboursement de crédit TVA provenant de l’exploitation nonobstant sa continuité pendant 6 mois, mais à condition de procéder au paiement dans un délai d’un mois. Permettre à ces entreprises d’obtenir, exceptionnellement, des certificats de suspension des taxes et autres certificats fiscaux dans l’immédiat, sans présenter les documents nécessaires, à condition de s’engager à les présenter ultérieurement. Permettre aux sociétés offshores de porter de 30% à 50% le taux de commercialisation de leurs produits sur le marché local en 2020.

D’un autre côté, ladite analyse évoque la question de la diversification des clients et des fournisseurs, qui n’est pas le point fort des IAA tunisiennes. En effet, «cette crise a montré clairement la fragilité des chaînes d’approvisionnement des IAA tunisiennes, surtout en emballages, en pièces de rechange et en quelques matières premières importées».

En somme, le secteur des IAA a pu continuer ses activités en enregistrant des retards dus à des perturbations d’ordre logistique. Suite à cette pandémie, «il va falloir que les IAA révisent leurs stratégies d’approvisionnement et d’achat en intégrant des analyses de risques orientées vers la diversification des fournisseurs et l’assurance de stocks stratégiques pour faire face à des situations similaires».

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