Humanisons nos hôpitaux

Journée mondiale des malades : 11 février 2024 Ouardirhi Abdelaziz A l’instar de la communauté internationale, le Maroc commémore la journée mondiale des malades. Cette année 2024, c’est la 32 ème édition qui est célébrée, une occasion idoine pour exprimer notre solidarité avec les citoyens confrontés à la maladie et à la souffrance, qu’ils soient chez eux ou hospitalisés dans... L’article Humanisons nos hôpitaux est apparu en premier sur ALBAYANE.

Humanisons nos hôpitaux

Journée mondiale des malades : 11 février 2024

Ouardirhi Abdelaziz

A l’instar de la communauté internationale, le Maroc commémore la journée mondiale des malades. Cette année 2024, c’est la 32 ème édition qui est célébrée, une occasion idoine pour exprimer notre solidarité avec les citoyens confrontés à la maladie et à la souffrance, qu’ils soient chez eux ou hospitalisés dans un hôpital public ou une clinique privée.

Une approche solidaire face à la maladie

On ne le dit pas assez, mais la maladie et la souffrance peuvent parfois bouleverser nos vies ou celles de nos proches, de notre famille, de nos enfants. Dans ces moments difficiles, chacun de nous peut se sentir désarmé, désorienté, autrement dit faible. Dans cette traversée du désert, et pour ne pas se sentir seuls, abandonné, nous devons tous adopter une approche solidaire envers toutes celles et ceux qui sont fragilisés par la maladie. On se doit d’encourager, de donner un peu plus de notre temps, de faire des visites aux plus vulnérables, de soutenir les personnes malades, qu’ils soient de nos familles, ou des voisins et mêmes des inconnus.

Humanisme, et compassion

Il faut faire preuve d’humanisme, de compassion, et d’amour de l’autre, surtout dans ces moments de faiblesse, où le corps fragilisé par la maladie, par la fatigue commence à nous lâcher, et où le découragement s’empare peu à peu du malade. Dans ces situations, qui sont certes vécues différemment par les malades en fonction de leur maladie, de leur état générale, des moyens des uns et des autres, du lieu où ces patients sont soignés, de l’intérêt de leur entourage…Autant de critères à prendre en considération, et qui influent positivement ou négativement sur le déroulement de la maladie. 

Dans notre contexte, et au regard de la réalité de nos structures sanitaires hospitalières, quand une personne âgée malade, grabataire, dépendante est hospitalisée, c’est synonyme de nombreux problèmes pour le malade, sa famille, et les professionnels de santé.

Ne laisser personne de coté

Ces malades nécessitent des soins d’hygiène, de propreté deux à trois fois par jour, des soins d’escarres, sondage, des perfusions, une réanimation, une surveillance jour et nuit. Bref des volumes de soins que la famille ne peut pas réaliser à domicile. Et c’est tout naturellement que ces malades se retrouvent dans des hôpitaux publics, dans des services hospitaliers, où existe une pénurie chronique de moyens. C’est un autre débat.  

Dans de telles situations, les malades se sentent parfois très rapidement mis à part de la vie des bien portants, c’est pourquoi la famille doit absolument comprendre que les liens de solidarité, et tout ce qui permet aux personnes atteintes de maladie de se sentir entourées par les siens, écoutées, reconnues est extrêmement important.

Quand on a quelqu’un de la famille, un proche, un ami, qui est malade, il est très important de rendre visite à ces personnes malades, souffrantes, diminuées physiquement et psychologiquement. Il faut  leur témoigner notre compassion, les aider, les soutenir et les écouter…

Autant de gestes qui réconfortent les personnes souffrantes, et qui les encouragent à traverser des moments parfois très difficiles où s’entremêlent la douleur, la solitude et parfois aussi le désespoir.

Etre à l’écoute des plus vulnérables

La journée mondiale des malades, nous invite tous à la compassion envers ceux qui vivent avec la maladie et la souffrance, et nous invite à donner notre temps et à être attentif aux besoins de ces derniers. Tout au long des mes années d’activités au sein des hôpitaux du Maroc, et de par mes responsabilités au niveau des services (chirurgien – réanimation – médecine..), j’ai été témoin d’expériences parfois douloureuses, des personnes âgées malades ont été abandonnées par leur propres enfants ……

Dans de telles situations, il arrive souvent que les personnes souffrantes d’une maladie (surtout cancer) se sentent mises à l’écart de la vie du bien portant. Cette journée se veut donc une occasion d’écouter ces derniers et de leur signifier notre soutien, notre aide et notre solidarité.

Nous sommes tous concernés par la maladie

Cette journée doit nous interpeller tous, c’est un moment de questionnement : que faisons-nous aujourd’hui pour les citoyennes et citoyens affaiblis par la maladie ?

Quelle contribution apportons-nous aux personnes malades, aux vulnérables, à celles et ceux qui n’ont rien ? 

Il ne faut pas aller vite en besogne, et répondre en disant, ces malades doivent aller à l’hôpital, ils ont tous les droits pour y être soignés.

Personnellement, je garde en mémoire les images de tous ces malades hospitalisés lors de la pandémie de la Covid 19, je revois encore les services d’urgences saturés, les services de réanimations bondés de malades……

Il faut toujours avoir présent à l’esprit que dans le cheminement de la vie de chacun de nous, de la naissance jusqu’à la mort, ce que nous redoutons peut-être le plus, c’est la maladie, c’est la douleur, la souffrance et l’isolement. La maladie fait partie de notre expérience humaine, on tombe tous malade un jour ou l’autre, et cela n’arrive pas qu’aux autres.

Mes pensées en de telles circonstances vont toujours vers celles et ceux qui sont les plus vulnérables, les malades cancéreux, les insuffisants rénaux sous dialyse, les cardiaques, les diabétiques …

Des personnes souvent âgées, malades qui sont encore plus confrontées à la maladie que d’autres, et qui sont affligées d’autres maux et douleurs. Sans oublier les plus pauvres, les SDF……C’est une réalité qui donne froid au dos, qui doit nous interpeller tous : gouvernement, responsables, décideurs, élus, association, syndicats, citoyens ….

Pour conclure, il est important de soulever la question des prises en charge des malades au niveau de nos hôpitaux, de la qualité des ces mêmes soins, de la relation humaine qui doit prévaloir au sein de tous nos hôpitaux.

Pour les professionnels de santé, cette journée mondiale des malades doit servir aux médecins, aux infirmiers et infirmiers à renforcer pleinement les actions visant à améliorer la qualité des soins, à faire preuve d’empathie envers celles et ceux qui sont atteints dans leur santé et qui souffrent, les professionnels de santé doivent toujours faire preuve d’empathie, d’amour, d’humanisme avec les citoyennes et citoyens affaiblis par la maladie.

Il ne fait aucun doute, que tous les professionnels de santé ( médecins, infirmières, infirmiers, techniciens…) , qui travaillent au niveau des différents structures sanitaires, aussi bien des soins de santé de base, qu’au niveau des hôpitaux, sont tous motivés pour relever les défis qui consistent à humaniser nos hôpitaux, à prodiguer des soins de qualité, à écouter et accompagner nos malades.

Toutes et tous ont le devoir de participer à ce chantier noble, qui fera de nos hôpitaux des lieux de vie.

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