Face au défi de la sécurité alimentaire : L’agriculture, un secteur-clé en attente d’un déclic

Changement climatique, raréfaction de la ressource hydrique, échec des politiques rentières et crise sanitaire, des défis dont les solutions convergent vers le seul changement des politiques agricoles qui ont eu cours jusqu’à ce jour.   Par Nadjia Bouaricha   L’homme doit changer sa manière de se nourrir et de développer son économie pour survivre et […] L’article Face au défi de la sécurité alimentaire : L’agriculture, un secteur-clé en attente d’un déclic est apparu en premier sur El Watan.

Face au défi de la sécurité alimentaire : L’agriculture, un secteur-clé  en attente d’un déclic

Changement climatique, raréfaction de la ressource hydrique, échec des politiques rentières et crise sanitaire, des défis dont les solutions convergent vers le seul changement des politiques agricoles qui ont eu cours jusqu’à ce jour.

 

Par Nadjia Bouaricha

 

L’homme doit changer sa manière de se nourrir et de développer son économie pour survivre et permettre aux générations futures de profiter de cette terre. L’agriculture est, selon des études récentes, au cœur de la sécurité et de la pérennité des espèces vivantes.

La crise sanitaire, qui a frappé le monde, a dévoilé l’injuste répartition des richesses. L’Afrique, qui est un formidable réservoir de ressources naturelles, ne profite pas de celles-ci.

Dans une tribune signée par Abebe Haile-Gabriel, sous-directeur général et représentant régional pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture en Afrique, estime que c’est dans l’agriculture que les ambitions de la Zone africaine de libre-échange (Zlecaf) peuvent trouver un terrain plus fertile, notamment en développant des chaînes de valeur régionales inclusives autour des produits prioritaires, dirigés par un secteur privé dynamique et diversifié composé de petits exploitants, d’agriculteurs commerciaux, de transformateurs et de prestataires de services.

«Le renforcement des capacités nationales de production alimentaire et des liens avec les marchés régionaux offrira aux pays une base solide pour stimuler le commerce régional. Les politiques et programme doivent encourager le secteur privé à injecter de nouveaux investissements, à ajouter de la valeur aux produits de base, à concurrencer les importations et à créer des emplois», plaide-t-il.

Ambition

L’Algérie, qui est le plus grand pays d’Afrique, doit avoir l’ambition de développer son secteur agricole, qui représente sa voie de sortie de la dépendance aux hydrocarbures et le marché africain pourrait lui offrir une débouchée certaine pour ses produits. L’année internationale des fruits et légumes, qui intervient en pleine pandémie Covid-19, souligne l’importance d’une alimentation saine pour la sécurité des populations.
La dégradation du pouvoir d’achat des Algériens et l’inflation continue des prix des produits alimentaires de base démontrent que la sécurité alimentaire n’est pas garantie.

Ce mois sacré de Ramadhan, qui touche à sa fin, a été pénible pour les petites et moyennes bourses algériennes. Les prix des fruits et légumes ont atteint des cimes sans que les pouvoirs publics n’interviennent. Même si la spéculation est fortement en cause de ces hausses incontrôlées des prix des denrées alimentaires, il est aussi évident de constater l’échec des politiques agricoles.

L’Algérie cherche ailleurs encore un modèle à suivre au lieu de développer un savoir-faire local. «L’Algérie est en attente d’une autre politique agricole. Celle-ci doit obéir à des exigences de souveraineté alimentaire et être plus autonome vis-à-vis des firmes internationales de l’agrofourniture.
Cette politique agricole à laquelle nous faisons référence doit inverser la tendance à la dégradation des terres, à l’épuisement des ressources en eau, à l’érosion des patrimoines génétiques (végétal et animal) et de la biodiversité.

Nouveau paradigme

Elle se fonde sur un nouveau paradigme technique, le modèle technique articulant les savoirs et savoir-faire paysans, les pratiques agricoles développées localement aux acquis de la science agronomique moderne.

Face aux menaces climatiques et à la dégradation de nos ressources naturelles, ce nouveau modèle technique doit s’inspirer des principes de l’agroécologie moderne, mais aussi renouveler l’héritage de l’agronomie arabe, qui a su mettre en place des systèmes ingénieux d’irrigation et préconisé des pratiques agricoles à l’origine de l’essor de l’agriculture dans les espaces oasiens, de montagne ou des riches plaines du haouz maghrébin», estime Omar Bessaoud, spécialiste de l’économie agricole (voir entretien).

Une étude du Forum économique mondial souligne que l’agriculture ne subit pas seulement le changement climatique, elle en est un des principaux contributeurs. Engrais synthétiques, dégradation des sols avec les techniques de défrichage agressives, utilisation de quantités importantes des ressources en eau, l’agriculture appelée intensive a fortement impacté la santé des végétaux et menacé les espèces animales. «Les pays africains doivent mieux financer leur agriculture et mettre en œuvre un cadre réglementaire incitatif.

Les petits exploitants agricoles doivent également pouvoir s’adapter au changement climatique et se prémunir contre les chocs», indique dans une note le président du Fonds international de développement agricole en appelant à financer les PME locales dans le secteur de la transformation, de la distribution, du marketing des produits agricoles et des services.

Un formidable vivier d’emploi pour les 12 à 14 millions de jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail en Afrique. L’agriculture, une réponse à de nombreux défis en ces temps d’incertitudes économiques et l’Algérie cherche encore sa voie.

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