Des casques de soldats arméniens tués dans le Haut-Karabagh exposés en Azerbaïdjan, Erevan fulmine

Le président de l'Azerbaïdjan a inauguré le 12 avril un parc en hommage à la victoire de son pays dans le Haut-Karabagh en 2020. Photographié et entouré de casques de soldats arméniens morts, le chef d'Etat a déclenché la colère de l'Arménie.

Des casques de soldats arméniens tués dans le Haut-Karabagh exposés en Azerbaïdjan, Erevan fulmine

Le président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a inauguré le 12 avril un musée (le «Parc des trophées») dédié à la guerre du Haut-Karabagh qui a opposé l'Arménie et l'Azerbaïdjan en 2020. Situé à Bakou, le musée exhibe des chars, des camions, des armes et même des casques arméniens ramassés sur les champs de bataille. En posant entouré de casques de soldats arméniens morts, le président Azerbaïdjanais a provoqué l'ire de l'Arménie.

C'est dans une série de photographies prises par les services présidentiels que l'on voit le président azerbaïdjanais, vêtu d'une tenue de soldat, inspecter des armes, poser devant des équipements militaires capturés ou parader devant des casques de soldats morts. Parmi les scènes et attractions proposées par le musée, une reconstitution d'une caserne utilisée par les troupes arméniennes avec des caricatures de soldats au nez crochu, à la barbe et aux yeux morts. D'autres sont montrés sortant blessés de véhicules blindés ou affalés sur le siège du conducteur d'un camion.

«Tous ceux qui visiteront le "Parc des trophées" verront la force de notre armée, notre résolution et à quel point il était difficile d’obtenir la victoire», a lancé le président azerbaïdjanais dans une vidéo publiée sur son site internet.

L'Arménie dénonce «une violation des droits et de la dignité de leurs familles» 

Réagissant à cette inauguration et à cette série de photographies diffusée par l'Azerbaïdjan, l'Arménie s'est exprimée le 13 avril via son ministre des Affaires étrangères, Ara Aivazian, en dénonçant «la dégradation publique de la mémoire des victimes de la guerre, des personnes disparues et des prisonniers de guerre» et une «violation des droits et de la dignité de leurs familles», ajoutant que l’Azerbaïdjan consolidait «sa position de centre mondial de l’intolérance et de la xénophobie».

Gelé depuis des années, le conflit entre les forces azerbaïdjanaises et les combattants arméniens de cette enclave montagneuse a repris le 27 septembre dernier, avec une intensité sans égale depuis la guerre meurtrière qui avait suivi l'effondrement de l'Union soviétique en 1991. La région du Haut-Karabagh, peuplée majoritairement d'Arméniens, est considérée comme partie intégrante de l'Azerbaïdjan par les Nations unies. L'Arménie reconnaît, elle, l'indépendance de fait du Haut-Karabagh, autoproclamée par les autorités locales au début des années 1990.

En novembre, les autorités d'Erevan ont signé avec l'Azerbaïdjan un cessez-le-feu négocié par la Russie, mettant ainsi un terme aux combats qui faisaient rage dans le territoire contesté. En février dernier cependant, l'Azerbaïdjan a accusé l'Arménie de violer la trêve en installant 20 mitrailleuses sur le poste de contrôle frontalier. Des forces de maintien de la paix russes avaient été déployées dans la région pour assurer le cessez-le-feu.